À la rencontre des vallées d’Aspe, d’Ossau et de Barétous, Oloron Sainte-Marie dévoile près de deux millénaires d’histoire. Ville de commerce, de passage et de pouvoir, elle conserve les traces des époques qui ont façonné son identité, de l’Antiquité romaine au Béarn des vicomtes.
Des origines romaines à la renaissance médiévale
L’histoire d’Oloron débute au Ier siècle de notre ère. Située sur la voie menant au col du Somport et à l’Espagne, la cité romaine s’établit sur la butte de Sainte-Croix, position stratégique naturellement protégée.
Les grandes invasions plongent ensuite son histoire dans une période plus obscure. Mais vers 1058, le vicomte Centulle V le Jeune redonne vie à la cité en fondant une nouvelle ville sur l’ancien oppidum romain.
Pour attirer habitants, artisans et marchands, il accorde des privilèges juridiques et économiques consignés dans un acte de « poblacion » (peuplement). Ces droits seront renforcés en 1220 avec la création du For d’Oloron, le plus ancien du Béarn.
À cette époque, Oloron appartient au Béarn, territoire qui fut à la fois province et État, doté d’une forte identité historique et culturelle.
Une ville qui grandit au-delà de ses remparts
Au XIe siècle, la ville se concentre encore sur la colline Sainte-Croix, à l’intérieur des remparts. Mais son activité commerciale se développe rapidement grâce aux foires et aux marchés.
Peu à peu, plusieurs faubourgs apparaissent autour de l’enceinte. Le quartier Saint-Pierre se développe dès le XIIIe siècle tandis que le faubourg d’En-Bas accueille notamment de nombreux artisans.
Cette croissance témoigne du dynamisme d’une ville située sur l’un des grands axes de circulation entre le Béarn et la péninsule Ibérique.
Les remparts de Sainte-Croix
Les remparts qui entourent encore aujourd’hui la colline Sainte-Croix trouvent leur origine au début du Ve siècle. Construits par les Romains, ils sont remaniés à plusieurs reprises durant le Moyen Âge.
Le château vicomtal vient alors s’adosser à l’enceinte et contrôle l’entrée de la cité. Derrière ces murailles se concentrent les lieux de pouvoir, les marchés et les activités commerciales qui font la prospérité d’Oloron.
Quand les rois se rencontrent à Oloron
À la fin du XIIIe siècle, Oloron est le théâtre d’un événement exceptionnel.
En 1287, Édouard Ier d’Angleterre et Alphonse III d’Aragon se rencontrent dans la ville afin de régler le conflit né des Vêpres siciliennes. Pour accueillir cette rencontre diplomatique organisée sous l’autorité du vicomte Gaston VII de Béarn, d’importants aménagements sont réalisés au pied de la cité.
Vergers, vignes et prés sont alors dégagés afin d’aménager un vaste espace destiné à accueillir un tournoi prestigieux. Les exploits des chevaliers présents seront relatés par le chroniqueur catalan Ramon Muntaner.
Cet espace deviendra progressivement un véritable quartier urbain dont le cœur est aujourd’hui la place Saint-Pierre.
La place Saint-Pierre, cœur historique de la cité
Au fil des siècles, la place Saint-Pierre devient l’un des centres névralgiques de la ville.
Une première église gothique y est construite avant d’être détruite lors des guerres de Religion par les troupes protestantes de Montgomery. Elle est remplacée par l’église actuelle, édifiée dans le style de la Contre-Réforme.
Autour de la place, les élégantes façades des maisons et hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles composent un remarquable ensemble architectural. Réaménagée au XIXe siècle, la place conserve aujourd’hui tout son rôle de lieu de vie et de rencontre.
La promenade Bellevue, un balcon sur les vallées béarnaises
Aménagée au XIXe siècle sur le tracé des anciens remparts, la promenade Bellevue offre l’un des plus beaux panoramas de la ville.
Depuis ce belvédère, le regard embrasse les toits d’Oloron, les vallées béarnaises et, par temps clair, les sommets pyrénéens qui ferment l’horizon.
Une rue chargée d’histoire
La rue principale de la cité conserve plusieurs demeures remarquables dont les origines remontent au Moyen Âge.
Face à l’église, les maisons à colombages rappellent l’intense activité commerciale qui animait autrefois la place. Leurs boutiques occupaient les rez-de-chaussée tandis que les étals s’ouvraient directement sur le marché.
Plus loin, une maison de pierre du XVe siècle accueillait les audiences du Sénéchal, représentant du vicomte de Béarn et garant de son autorité.
La Tour de Grède, sentinelle de la ville
De l’autre côté de la rue se dresse la Tour de Grède, aujourd’hui protégée au titre des Monuments historiques.
Cette demeure appartenait au XIVe siècle au représentant du vicomte. Bien qu’elle n’ait jamais joué de rôle défensif, sa façade emprunte les codes de l’architecture militaire. Ses ouvertures en arc brisé rappellent l’existence d’une ancienne boutique tandis que les étages, éclairés par de belles baies géminées, étaient réservés à l’habitation.
Son belvédère offre aujourd’hui une vue panoramique exceptionnelle à 360 degrés sur Oloron Sainte-Marie, ses quartiers historiques et les vallées qui convergent vers la ville.
Une porte d’entrée vers les Pyrénées béarnaises
Ville de passage depuis l’Antiquité, Oloron Sainte-Marie demeure aujourd’hui un carrefour entre plaines et montagnes. En parcourant ses remparts, ses places et ses ruelles, le visiteur découvre une ville où chaque pierre raconte un chapitre de l’histoire du Béarn et des Pyrénées.
